Jean-Pierre Suc

prince des nuées

"Pour moi, il n'y a que deux auteurs de chansons à Paris, Brassens et Suc. " C'était l'opinion de Jacques Brel et de beaucoup d'autres.

 

Cette phrase de Jean-Claude Carrière pourrait témoigner de l'intensité de la vie de Jean-Pierre Suc. Et pourtant... elle ne suffit pas.

 

En trente-trois ans de vie, fulgurant passage d'un "météore de velours" (pour reprendre à nouveau Jean-Claude Carrière), on retrouve la tendre sensualité d'une enfance montpelliéraine, la douceur cévenole des vacances à Saint Jean du Bruel (qualifié de "paradis terrestre" dans l'un de ses poèmes), un parcours dans la France de l'après-guerre qui l'entraîne des Beaux-Arts de Montpellier au Paris foisonnant de la rive gauche où il co-fonde le cabaret "Le Cheval d'Or".

 

Le lecteur trouvera dans cet ouvrage (qui accompagne l'exposition "Jean-Pierre SUC prince des nuées, du Montpellier des Beaux-Arts au Paris des cabarets, l'aventure artistique d'un météore de velours" à la Halle Tropisme de Montpellier par L'université Paul-Valery Montpellier 3 sous le commissariat de Thierry Verdier, professeur des universités et de Mélanie Chrétien, attachée de conservation) tout l'univers de cet artiste prolifique et inclassable. Photos, affiches, reproductions d'oeuvres mais aussi deux CD du duo que Jean-Pierre SUC forma avec Henri SERRE (devenu par la suite l'inoubliable Jim, dans "Jules et Jim" de François Truffaut) ainsi que des enregistrements inédits, des partitions et un livret avec les paroles de ses titres originaux.

 

Cet ouvrage est le fruit d'un travail de recherche rigoureux (et a bénéficié de l'appui et de l'aide de la famille de l'artiste). Il est d'une grande richesse et nous replonge dans cette période de notre histoire, à la fois pleine de promesses et d'appétit de création à travers le regard limpide et singulier de Jean-Pierre SUC.  

EurekaJP. SUC.
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EUREKA

Euréka, ah
J'ai trouvé le lacet du soulier de Charlemagne
C'était aux puces à Saint Cloud
On m'en demandait un sou
Ou ou ou ou ou ou ou ou

J'ai cherché vainement à la Banque de France
Les cinq centimes qui me manquent pour me payer ce cadeau fou
Qui ne m'aurait coûté qu'un sou
Ou ou ou ou ou ou ou ou

J'ai perdu une occasion une affaire 
Bonne occasion de me taire

Euréka, ah
J'ai trouvé un vieux gibus, un foulard blanc, un omnibus
Dont le conducteur goguenard 
M'a pris pour un joyeux fêtard
Tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard, tard,

J'ai cherché mes amis dans la nuit la lune seule m'a souri
Mon ombre s'est collée à moi
Elle, elle et moi nous étions trois
Ois, ois, ois, ois, ois, ois, ois, ois,

J'ai perdu depuis ce temps
Toute la notion du temps

Euréka, ah
J'ai trouvé dans un œuf un cheveu blond un cheveu veuf
C'était dans ma quinzième année
Premier signe de volupté
Té, té, té, té, té, té, té, té, té, té, té

J'ai cherché depuis lors cette poule aux cheveux d'or
Et si j'ai pas mal cassé d'œufs
J'ai jamais pu trouver mieux
Eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu, eu,

J'ai perdu mon cœur heureux
Dans une des coquilles d'œufs
Dans une des coquilles d'œufs